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RIGOT par Arnaud d'Hauterives
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Par un matin pluvieux de Mars 1958, alors que jeune pensionnaire, j'arpentais les grands quadrilatères odorants de "la Villa", je butais sur "La Chose". Enorme, attentive, tendue, incongrue, dans son cadre, dans son espace ponctué d'acanthes dégoulinantes et de buis ruisselants. Lyre triomphale, majestueuse, prête à pointer, à percer, à tuer, le taureau de Robert RIGOT s'imposait d'un coup, tant par ses mensurations imposantes que par la vérité émanant des plans et des volumes amplement établis, rejetant tout particularisme dans le but d'en sauvegarder l'essentiel, "La Vie". Nous devions nous revoir, les joies et les affres de l'existence ayant marquées, tout en les modifiant, nos visions des choses de la vie. Le bronze était devenu pour toi matériau de prédilection. Je te revois, chevalier d'un autre âge, fondant, trouant, déchirant de ta "larme de feu" les grandes formes foudroyées, ptérodactyles à demi assoupis, prêts à fondre, à mordre, à déchiqueter. Au monde des songes, succède celui du rêve, l'éternelle égérie, l'inspiratrice des âges, des temps, renaît à tes yeux et te porte à t'interroger sur un certain devenir transmuté par l'ineffable proposition de l'image féminine. De ces heures, de ces jours, de ces années de tourment, de labeur, d'exaltation, vont naître "Le Miroir de Vénus", les grand nus satinés et lisses, les torses, exquis contrepoint de la tuile romaine, femmes flammes, flammes femmes. Comment ne pas évoquer Baccarat, ses Pompes, ses Oeuvres, où tu viens de fêter tes vingt-cinq ans de créations. Mon cher Robert, c'est avec joie que j'ai été amené à rédiger cette modeste relation te concernant, relation touchant un artiste véritable, un artiste tel que je le ressens, tel que l'aime, attaché à la vérité, à sa vérité. Arnaud d'Hauterives Membre de l'institut Conservateur du Musée Marmottan, "Claude Monet" à Paris retour >>
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